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eRZBERG rODEO, AVENTURE BORDELIQUE


Arrivée au petit village d'Eisenerz, petite bourgade perdue au milieu des montagnes autrichiennes et surplombée par l'Iron Giant, cette carrière immense à ciel ouvert, difficile d'en discerner les limites tellement elle est présente partout.



Après 3 trains, un bus et presque autant de conversations de sourds avec les contrôleurs ne comprenant rien à mon itinéraire, je marche dans la rue qui connaitra comme chaque année le joyeux bazar de la parade. Chargé comme un mulet j'arrête un SSV qui semble faire partie de l'orga.

Le pilote, trouvant trop compliqué de m'expliquer où se trouve l'entrée de la carrière, m'invite à monter dans son RZR 1000.

S'en est suivi quelques jolies glisses jusqu'à la porte d'entrée du fameux géant. La responsable m'en refusant l'accès, les médias c'est qu'à partir du jeudi et là on est mercredi Mr Radiopaddock.

Pas de problème je redescend, trouve un bar avec de la bière fraiche, envoi de mails divers et Stéphane Parchet me récupère. Caché comme un renégat à l'arrière de son camion, je passe le contrôle sécurité sans encombre, ouverture des portes, grand soleil et là je découvre le joyeux bordel qui nous accueille les bras ouverts pour 5 jours.

Un parc coureurs monstrueux, des énergumènes armés d'outils motorisés, planche à burns, système son, pas de place pour le silence ici, savoureux mélange entre rave party et paddock du Mans, la poussière et la terre en plus.



Cette année, en plus de tous les tops, certains ovnis sont là, à l'image d'Andrea Verona et son 350 4T, Antoine Méo sur la Ducati, Xavier de Soultrait et Pol Tarrès, ce dernier étant le seul énergumène à prendre le départ de la vraie course le dimanche avec une moto "hors gabarit".


Le gîte réservé par Stéphane est idéalement placé à moins de 10 mins de la carrière, seule solution pour dormir correctement, avec nous mon ancien protégé, Fabien Poirot, Luc Courty patron du team Sport Camp France et sa jeune recrue, Hugo Crozet.


Cette joyeuse troupe de français représente quasiment nos seuls ressortissant présents ici.

Dès le lendemain, c'est déjà le moment de la Rocket Ride pour notre Criquou National. Lui aussi arrivé hier soir avec pertes et fracas, l'alternateur de son master lui ayant fait défautà la frontière autrichienne. Seule solution, faire tourner son groupe électrogène, porte ouverte à l'arrière, rechargeant deux batteries d'avance, s'arrêtant toutes les deux heures pour intervertir son montage électrique, arrivée à 23H. Content messire Antoine.



Le Rocket Ride, course fun et fictive ne donnant aucun point pour la suite, comportant 5 montées, terre mole et jolis pavés, de quoi chauffer le public pour le reste du week end. Après 2 qualifs, Antoine ira gagner ses heats de quarts et de demi finale, un départ raté en finale lui offrira une distribution en règle de cailloux, par le non moins célèbre Antoine Méo, armé de sa Ducati, scrubant et blockpassant sans vergogne, Méo reste Méo. 6ème place finale pour Criq.



L' Erzberg Rodéo est presque plus fait pour faire la fête que la course, les deux jours suivants, seulement un chrono le matin par jour et rien le reste de la journée.

C'est pourquoi après le bon premier run du prologue d'Antoine, la média mafia composée de Jed Etchells, Hamish Macdonald, son frère Angus, Tom Buxton et Ben Dando, équipe anglophone délurée, nous nous sommes rendus avec eux à la Egger Tent, comprenez tente de l'organisation, sponsorisé par la marque de bière Egger.



S'en est suivi un festival de glissade, après un briefing plus annonciateur de la soirée que du reste de la course où le principal mot d'ordre était: "écoutez un peu, relisez le mail beaucoup et amusez vous le plus possible". Message complètement reçu par l'assemblée, à peine fini, c'était parti pour la kermesse du ventriglisse sauce bière et redbull.



Un concentré de génies où nous sommes restés jusqu'à 3H du matin, le lendemain rebelotte Antoine retourne faire son deuxième chrono et malgré son hémoglobine toujours alcoolisée, il conservera son bon classement de la veille, 21 ème temps et premier français. Cela ne l'empêchera pas de me réclamer de l'eau allongé à l'arrière de son camion.

Repos, sieste et départ pour le grand jour le lendemain.


Cette fois-ci on y est, tout au fond de cette carrière, 500 riders répartis en 10 lignes, les hélicoptères résonnant dans cette immense précipice, le speaker s'arrachant les cordes vocales, faisant monter la tension, la sortie de ce premier niveau étant déjà dangereuse à souhait, même Billy en a fait les frais.



Ici pas le droit de circuler seul en temps que média, comme d'habitude je me faufile mais me confronte à la rigueur autrichienne, les règles sont les règles mêmes si elle n'ont parfois ni queue ni tête.

Exemple : certains spots sont accessibles pour tous, à pieds, en vélo mais à moto c'est interdit, même si c'est 100m de chemins bien damés. Le chasuble média dans certaines situations ici sert plus à vous surveiller qu'à vous permettre d'accéder aux bons spots pour travailler.

J'ai donc booké un "guide" proposé par l'organisation mais comme tous les autres médias aguerris, nous remarquons vite la non expérience de celui -ci, ne connaissant pas les points spectacle ni le chemin pour nous y amener.

Ce fut donc la guerre dans les pistes pour arriver à temps aux bons endroits, avoir la tête de course et patienter (un peu) pour avoir Antoine.

Heureusement pour nous, nous avons pu vite nous échapper de notre tutelle handicapante et filer plein gaz sur les grandes pistes de la carrière, couché sur mon DR en 5, c'est ça aussi l'Erzberg Rodéo.



Grace à ses choix, j'arrive pile à temps au Carl's Dinner pour y voir Billy puis Letti y rentrer, difficile de vous retranscrire même avec les images la profondeur des trous entre les blocs rocheux, la longueur de cet éboulis, quand Billy jette la moto et sort de cet allé retour en 40min tu te dis que derrière ça va être chantier complet.

Même à pieds il faut être vigilant pour ne pas s'en mettre une bonne au milieu des cailloux, viser avec la caméra ou courir, il faut choisir ou bien avoir repéré sa trace.





Le premier français à s'y être présenté fut sans surprise Fabien, plus expérimenté et ayant bien plus de capacité en franchissement, il n'a pas trouvé pour autant que le Carl's Dinner fut une formalité, il signera une belle 24ème place finale.

Un peu plus loin à la 40ème place le jeune Crozet qui confirme son statut prometteur dans la catégorie junior, juste derrière un certain Andrea Verona.

le champion du monde E1 en titre a eu bien du mal avec sa 350 GasGas, il confiera sous la tonnelle rouge à l'arrivée : ''si je reviens l'année prochaine ce sera avec un 2 temps et une vraie préparation, j'en ai jamais autant chié."



Billy est passé en tête devant moi, suivi de près par Mani, mais dans la Motorex Highway, Billy a complètement écrasé son collecteur d'échappement, lui empêchant d'utiliser la puissance de son moteur quasiment bloqué en une partout, de sa bouche à l'arrivée: " J'ai détruit mon pot, lorsque Mani m'a passé je savais que c'était foutu pour la gagne, bien content de finir second! Quel bordel mais c'était bon mon gars!"



Manuel Lettenbichler s'impose donc en cavalier seul avec 10 minutes d'avance sur Sir Bolt, deuxième victoire d'affilée pour l'officiel KTM ici, la grande classe comme toujours pour Letti, de l'accueil qu'il m'a réservé ici, aux conseils et sa communion avec le public acquis à sa cause, on ne le dira jamais assez mais ici c'est le royaume KTM qui doit triompher quoi qu'il arrive, on vous expliquera certains détails dans le live avec Antoine, et d'ailleurs qu'en est-il pour le copain vagabond?



Au bout de 3H26 de course, ce fut la fin pour mon Criquou n'ayant pas réussi à sortir à temps du Carl's Dinner, mais quelle course de fou, des sauvageons lancés à l'assaut de cette montagne, ne respectant aucune priorité, dès la première ligne la bataille est dantesque.

Même pour mon DR et moi, ce fut la course pour arriver à temps, filmer les premiers et attendre le Criquosaure, les écarts se creusant et les difficultés se faisant de plus en plus nombreuses.

Heureusement ici pas de problème de Gopro, de fédération, d'écologistes ou d'homologation, Antoine vous a réservé un montage des meilleurs moments.


Cette course m'a donné la furieuse envie de revenir pour m'y essayer, histoire à suivre l'année prochaine!


Après cela, la vie nous a amené à trouver un spot pour dormir, rapidement rejoins par Matthew Green et Billy Bolt, la van life c'est sympa, douche dans la rivière et partage des provisions. Pas compliqué la vie avec des animaux pareils.


La deuxième partie de cette aventure dans le Tyrol, est à retrouver très bientôt en live avec l'intéressé et sur Youtube.

Rendez-vous le mardi 18 Juillet sur Instagram, Youtube, sur votre transat ou dans votre canapé.


Votre reporter d'opérette

RP

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